Mots et concepts clefs :
| gravitation | exothermique |
| nucléosynthèse | fusion thermonucléaire |
| étoile |
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+ 2 e+ +
Énergie
Quelle est donc l'origine de cette énergie ?
Pour répondre à cette question, il nous faudra faire
appel à Einstein lui-même. Une fois de plus, il nous
répondra avec beaucoup d'à propos que :
E = m . c²
Il s'agit toujours du phénomène de transformation de
matière en énergie. Une pile chargée contient plus
d'énergie qu'une pile déchargée ; elle est donc
plus lourde (à cause de l'énergie électrique).
Lorsque je cours, mon énergie cinétique est plus grande
que lorsque je suis au repos ; je suis donc plus lourd quand je cours.
Dans chacun de ces deux cas, la différence de masse est infime
quoique réelle. Si l'on pouvait séparer la Terre de la
Lune, on remarquerait que la somme des masses des deux astres
séparés est plus grande de 1 milliard de tonnes à
la masse de l'ensemble (à cause de l'énergie de
gravitation universelle qui retient les deux astres l'un près de
l'autre).
La nouvelle question qui se pose est donc : où se trouve
condensée toute l'énergie dégagée lors de
la réaction de fusion ?
La réponse complète à cette question ne sera pas
développée ici. Qu'il nous suffise de savoir que la masse
des 4 atomes d'H qui interviennent dans la réaction de fusion
est plus grande que la somme des masses de l'He et des 2 e+ (positrons)
produits.
masse 4 H > masse He + 2 masse e+
La masse qui manque dans les produits est tout simplement
présente sous forme d'énergie de liaison des
nucléons que la pesée ne met pas en évidence.
Si je veux séparer les nucléons qui constituent le noyau
de l'atome d'hélium, je dois fournir de l'énergie afin de
vaincre les forces d'attraction qui s'exercent entre-eux. Fournissant
de l'énergie, je fournis de la masse.
Réciproquement, si je réalise l'opération inverse,
le système me rendra l'énergie que j'ai engagée.
Quoique la différence entre la masse de 4 atomes
d'hydrogène et la masse d'un atome d'He + 2 positrons soit
très faible, cette différence permet le dégagement
d'une très grande quantité d'énergie (voir le
terme en c² dans la formule d'équivalence).
Actuellement, le soleil consomme 4 millions de tonnes de matière
chaque seconde (la bombe d'Hiroshima, qui n'était pas une bombe
à Hydrogène correspondait à la transformation d'un
gramme de matière en énergie ; la puissance d'une bombe
du type Hiroshima est très faible par rapport aux engins que
l'on trouve dans les arsenaux modernes). Il se passera cependant
quelques milliards d'années avant que le soleil n'ait
épuisé toutes ses réserves.
Nous retiendrons en conclusion que la fabrication de noyaux lourds
à partir de noyaux légers produit de l'énergie. Ce
phénomène s'appelle la nucléosynthèse
(fabrication de noyaux). Toute l'énergie libérée
par les étoiles provient de cette source.
| Élément |
Univers |
Soleil |
Terre |
| H |
92,7 % |
90 % |
0,10 % |
| He |
7,1 % |
9 % |
0 % |
| C |
0,01 % |
0,10% |
|
| N |
0,015 % |
0 % |
|
| O |
0,05 % |
49 % |
|
| Na |
0,6 % |
||
| Mg |
12,5 % |
||
| Al |
1,3 % |
||
| Si |
0,125 % |
1 % |
14,0 % |
| S |
1,4 % |
||
| Ca |
0,5 % |
||
| Fe |
19,0 % |
||
| Ni |
1,4 % |
||
| Autres |
0,1 % |
Au cours de l'ère stellaire, la constitution de l'univers se
modifie : l'hydrogène et l'hélium ont donné
naissance aux éléments lourds. Cependant, les
éléments les plus abondants dans l'univers actuel sont
toujours les deux mêmes : H et He.
Les conditions requises pour la fabrication des atomes plus lourds
demandant plus d'énergie, il n'est pas étonnant de voir
que l'abondance des éléments diminue au fur et à
mesure que la masse atomique augmente.
Dès qu'ils se sont trouvés dans des conditions de
température plus faible que dans les étoiles, les noyaux
lourds ont capté des électrons de manière à
devenir des atomes neutres.
Il pourrait sembler étonnant que la composition chimique de la
Terre soit si différente de la composition de l'univers et du
soleil. En fait, ce paradoxe est aisé à expliquer... mais
ce point sera étudié dans un chapitre
ultérieur.
Le matin du 4 juillet 1054, l'astrologue de l'empire de Chine se
présente au palais impérial avec une nouvelle de toute
première importance. Pendant la nuit, une nouvelle étoile
est apparue. Son éclat est prodigieux. Située un peu
au-dessus de la lune, elle est aussi brillante que Vénus. Ce
matin, après le lever du Soleil, elle est encore visible dans le
bleu du ciel. L'empereur reçoit son astrologue et
l'écoute gravement. " Quels sont les augures pour l'empire ? "
demande-t-il, soucieux du bien public. " Cette étoile nous
apporte la promesse de moissons abondantes pour les années
à venir ", répond l'astrologue. On accueille avec
empressement la messagère porteuse d'un horoscope aussi
favorable. On la baptise " étoile hôte ". Jour et nuit, on
l'observe. On la dessine partout. On lui fait de fêtes. On la
célèbre dignement. Pourtant, de jour en jour, son
éclat pâlit. Pendant un temps, on ne la voit plus que la
nuit ; comme une étoile ordinaire. Plusieurs mois plus tard, on
ne la voit plus du tout. " L'étoile hôte s'en va...
L'étoile hôte est partie ", annonce l'astrologue. La
chronique chinoise d'où nous tenons cette histoire n'en dit pas
plus long. Les moissons des années suivantes furent-elles plus
abondantes ? Espérons-le pour notre astrologue. Le métier
n'était pas sans risque. On punissait souvent de mort les
prophètes mal inspirés.
Pourtant, nous le savons aujourd'hui, l'astrologue a vu juste.
L'étoile Hôte tiendra sa promesse. Des atomes de carbone
et d'oxygène qu'elle a engendrés viendront de nouvelles
moissons. Mais ni l'empereur, ni ses enfants, ni ses petits-enfants
n'en ont profité. Plus tard, beaucoup plus tard, sur des
planètes futures, orbitant autour de soleils encore à
naître, d'autres empereurs contempleront les champs de blé
promis par l'étoile de juillet 1054. Tout comme nos moissons
nous viennent d'étoiles Hôtes qui ont illuminé le
ciel bien avant la naissance du Soleil, et qui ont, peut-être,
été accueillies par des astrologues d'empires
éteints sur des planètes depuis longtemps
volatilisées...
Reeves H.
Patience dans l'azur
(op. cit.)
p 89
L'extinction massive de diverses espèces sur la Terre, il y a
225 millions d'années, a peut-être été
provoquée par l'explosion d'une étoile qui a
entraîné un bombardement de radiations sur la
planète et la destruction de la couche protectrice d'ozone,
selon un chercheur américain.
D'après cet astrophysicien à l'Université de
Chicago, dans l'Illinois, l'explosion d'une supernova à 30
années-lumière de la Terre a déversé dans
l'atmosphère de très puissants rayons gamma et des
radiations cosmiques provoquant une réaction chimique
susceptible de détruire la couche d'ozone. La couche d'ozone
filtre les rayons ultraviolets pénétrants qui, sans
protection, détruiraient la faune et la flore. C'est
peut-être précisément ce qui s'est produit il y a
225 millions d'années, selon le chercheur. (AP.)
Le Soir
Mercredi 4 janvier 1995 N° 3
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